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Un galet trop bavard
Je l’avais trouvé sur quelque rivage
Je ne sais plus où, je ne sais plus quand
Sans doute était-il tout seul sur la plage
Je l’ai ramassé sans savoir comment.
D’ailleurs il était assez présentable
D'un gris satiné, lisse et régulier,
Je l’ai déposé au coin de ma table
Bête, fonctionnel, en presse-papier.
Un jour, désoeuvré, j’avais l‘esprit vague
Je l’ai enserré au creux de ma main
Pour rêver la mer, pour rêver les vagues
Et voila qu’il me parla tout soudain!
Il me raconta d’étranges histoires
De mers de coraux, de temps disparus
De calcaires blancs et de vases noires
Foulées par le pied des Diplodocus.
Et depuis ce temps j’écris les mémoires
De ce vieux témoin du temps écoulé
Et j’ai du travail, vous pouvez me croire,
Rien n’est plus bavard qu’un galet roulé!
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