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Mozambique
Vieux pêcheur, dis moi l'océan,
Dis moi quel lagon, quel rivage
Ont enchanté tes yeux d’enfant
Et de l’enfant ont fait un sage ?
Au sable de grenat et d'or
Ta pirogue repose, lasse,
Et son balancier porte encor
Des chevelures de Sargasses.
Assieds toi, la lumière est douce,
Contemplons la plage et la dune,
Les arbres-serpent de la brousse
Et le lent monter de la Lune !
Conte moi le bleu du tombant
Où le banc des carangues monte...
Raconte, et moi, en t’écoutant
Je pénètrerai dans ton conte !
Alors, ensemble, nous irons
Au plus creux de la mer sereine
Et nos oreilles s’ouvriront
Dans le chant lointain des baleines !
Et, loin par dessus nous, la houle
Viendra battre son dos puissant,
Comme un mur d’argent qui s’écroule
Dans un silence éblouissant !
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