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Triste Brésil
Au large des plages dorées
Du Pernambouc, triste splendeur,
S’étend au loin, sous les eaux vertes
L’espace bleu des sables blancs
Que la houle fait tressaillir
Imperceptiblement
Marche après marche, une rocaille
De grès dur et de corail mort
Conte peut être les batailles
De l’Océan et de la Terre
Il y a bien longtemps déjà.
Quel Indien triste à la peau brune
Arpenta jadis ce rivage
Et harponna sur ce récif
Du bord de sa pirogue frêle
La Carangue ou la Coryphène ?
Qui se souvient des jours anciens
Où l’alizé souflant d’Afrique
Venait briser ses vagues grises
A l’heure de la haute mer
Sur le grès dur des arrecifes ?
Maintenant, où chantaient les palmes
Dans le vent bleu des Antipodes
La coque ouverte d’une épave
Est venue dormir, solitaire,
Sous l’oeuil atone des Murènes.
Rivages noyés dont le rêve
Enchante encore mon automne
Et vient chanter à mon oreille
Le ressac des mondes perdus
A l’orée de la grotte ancienne
De la sirène Iemanja.
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