Rivages et tombants

 

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Sortie des eaux

le samedi 05 mai 2007, à 16:23. Posté par Dago


    Sortie des Eaux

    Et le ciel était vieux et la Terre était vieille,
    Et l’Océan rempli de monstres harmonieux,
    De récifs florissants, mais le flot laborieux,
    Battait aveuglément sur des Continents vides...

    Et...lentement monta des eaux la moisissure
    Tenace des lichens, peu à peu s’accrochant
    Aux fentes de la roche, et le souffle du vent
    Fixa le premier sol au fond de ces fissures...

    Et...le long des estrans, sur les plages de vase,
    Là où les fleuves gris chassaient le bleu des vagues
    Et de plus en plus loin, parmi les plaines basses,
    La mousse aux longs doigt verts poussa ses frondaisons.

    Et...rampant ou marchant, résistant aux orages,
    A la pluie et au froid, et au soleil brûlant,
    Montèrent de la mer les premiers conquérants,
    Cuirassés de chitine, à huit ou à six pattes...

    Et...surgit, bon dernier, mais robuste et vorace,
    Un Poisson maladroit, arqué sur ses nageoires
    Et qui respira l’air dans ses jeunes poumons,
    Avide de conquête et de nouveaux espaces.

    Et...ce fut le premier oeuf, étrange baille
    Qui gardait l’océan dans le coeur de ses flancs
    Tout en puisant dans l’air le souffle du vivant,
    Et le premier Reptile arpenta les rocailles.

    Et...il y eut une montagne au ventre rond d'un continent,
    Sans cesse s'élevant, et toujours s'érodant
    Sous la force de l'eau éternelle et vorace...

    Et... le sable coulait avec l'eau, détruisant
    Peu à peu la montagne et sa croupe rocheuse
    S'abaissait peu à peu en larges marécages
    Où paîssaient sourdement d'improbables dragons...

    Et... les rivières lentes aux méandres étales
    Déposaient ce limon aux plaines innondables
    Où vibraient dans le vent Prêles et Sigillaires,
    Puis le cuisaient au four brûlant des millénaires
    En un grés infertile aux étranges couleurs...

    Et...ce fut un temps nouveau, adieu beaux monstres !,
    D'autres torrents brutaux creusaient un autre sol,
    Une faune plus vive inventait la vitesse
    Sur des pattes plus droites ou des ailes battantes
    Et la botte des Brontosaures perforait les estrans en marmites profondes...

    Et...l'herbe verte enfin jaillit des vieux limons,
    Et les premières fleurs s'offrirent aux insectes,
    Tandis qu'au ventre bleu des mers continentales,
    Des Lézards merveilleux chassaient les Ammonites...

    Et...qui dira si ce fut un volcan, un bolide,
    Le froid ou le départ des océans féconds
    Qui fermèrent pour toujours cet Eden ?
    Oui, ce fut une fin bien étrange, un désastre,
    Rapide ou lent, qui sait ? Mais sachons dans nos coeurs
    Que cela arriva et pourrait revenir..

    Et... revint un soleil nouveau. Sur les décombres
    Encore chauds du temps détruit, recommença
    La quête d'un impossible équilibre
    Et les nains qui tremblaient sous le tonnerre des géants
    Partirent à la conquête du monde...

    Et.. ce fut un nouveau printemps, dans les savanes
    Et les forêts maintenant lourdes de fruits,
    D'innombrables lignées, en des formes nouvelles,
    Buissonnèrent ainsi qu' un arbre merveilleux,
    Jusqu'à ce que, sur deux pattes, surgisse,
    Infime et destructeur, l'animal vertical...

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
Jim le mardi 08 mai 2007, à 08:30
Quelle épopée ! Peu s'aventurent à cet exercice. Superbe !

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