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Il vit au rythme de ses notes
Que les rengaines du Nord lui apportent
Toute la semaine aux hauts-fourneaux
Il songe au p'tit bal de Lens ou de Béthune
A la joie qui allumera les figures.
Quand le petit Quinquin résonne dans ses nuits
Finis ses soucis et oubliés les ennuis.
Et je lève mon verre et je pisse ma bière,
Et je chante et je ris et je rôte et je crie,
Et tous les coeurs en liesse en oublient la tristesse.
Qu'importe les bourrasques de pluie,
Qui délavent les pavés du pays,
Car ce soir pour nous l'Ami Bidasse est repris,
Et se chante en écho tout au tour des terrils.
Et on lève nos verres , et on se reboit une bière,
Et l'on trinque avec lui, un nouvel ami
De passage chez nous, ce soir il oublie Paris.
Ce petit air d'accordéon anime les corons,
Cheminant dans la nuit au grè des conversations.
Et pour quelques heures les cerveaux oublient
Que pour gagner son pain, on quittera le Pays.
Et l'accordéonneux reprend,
Un vieil air d'antan!
Et je mange mes frites
Et les couples s'agitent.
Et puis des mains se nouent
L'on se dit des mots doux
Dans le language de chez nous
Empli de "mi" et de "ti"
Ainsi s'habillent nos samedis
Quand l'accordéonneux passe par ici.
Puis toujours et sans cesse la bière,
Emplit et vide nos verres.
Et il joue et l'on chante,
Le Nord, ses hommes et sa mer
Et ruisselle sa voix qui fait briller nos yeux,
Et l'on boit ses paroles le temps d'une farandole!
Cela vide les consciences et l'on vit l'insouciance.
Et sa rengaine est là,elle nous prend
L'instrument à vent,juste un bonheur
Qui à mon Pays fait honneur
Et puis le silence renaît de la nuit
Et son bel instrument regagne son étui
Et comme des grands arbres tréssaillants,
Requinqués, hommes nouveaux
On se retrouve à songer de nouveau
A notre futur , au boulot!
Merci à toi l'accordéonneux
Tu sais si bien nous rendre HEUREUX
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