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Les vagues de pierre
Je crois avoir senti très tôt que le calcaire
Montait des océans
Et que le lourd granit, arrondi et sévère
Marquait les continents !
Que de fois j'ai rêvé à la plage abolie,
Avec au premier plan la vague de Crussol
Préludant, au delà de la Drôme endormie
Aux grandes déferlantes du Vercors !
Et plus tard, Océan, je cherchais ton empreinte
Aux calcaires gris de Soyons
Où je cueillais, figés par ta puissante étreinte
Des coquilles ou des poissons.
Je voyais le ressac des vagues Jurassiques
Se briser au sable brillant,
Et le sillage gris de monstres fantastiques
Onduler au soleil levant !
Et chaque nuit, au creux de ma chambre terrienne,
La Mer, pour moi seul, débordait,
Submergeant lentement la plaine rhodanienne,
Comme en un très lointain passé !
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