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Aube dans les Cyclades
Six heures du matin sur une mer étale
D'un bleu très doux, très gris, légèrement vineux.
Le ciel est arrondi, luisant comme une opale.
Pas de nuages, mais un léger voile brumeux.
De la nuit, lentement, ont émergé des îles
Dont on n'est pas bien sur qu'elles étaient là hier,
Mais dont on est certain qu'Ulysse les a vues
Ailleurs et autrefois, dans leur lente dérive.
Des villages furtifs y coulent leur blancheur,
Enchâssés d'oliviers et perdus dans leur rêve.
Un souffle très léger nous apporte une odeur
De maquis épineux et de suint de chèvre.
L'ancre est à poste et les moteurs sont débrayés,
Nous dérivons un peu, dans un calme magique
Que va briser l'appel du petit déjeuner
Ou la première pétarade d'un caïque.
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