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J’aimerais ces heures après heures,
Où s’effacent les craintes.
Boucliers en peur de leurre,
Qui nous parlaient de plaintes.
Contretemps sur refus de bas,
J’aimerais donner poings et mots.
Eloigner nos vies
De ces pertes de temps,
De ces traînes de beau.
Te reconnaître ici,
En refus de rien,
En nous deux,
Haut nus et vieux,
Leur tendre la main.
Mais il y a ce jour après jour
Qui ne s'arrête pas,
Qui coule et m'entraîne
Vers tant de bas,
Temps père de peine.
Ce jour après jour
Où s’effacent les heures,
Pauvres d’inquiétudes.
Où se confortent craintes et leurres,
Jour après jour... comme une habitude
***
Sous des yeux de lune
Le jour s’attardait, lame à effleurer les peaux.
La nuit attendait en soir, bleue de ciel ouvert.
Les chemins ronces, les ravins traverses, les bruits d’eau.
Pas à pas nos émois s’entendaient de cœurs clairs.
Je t’y ai vu gracile haute et danses boutes,
Avancer sans mots dire, observer, me lire.
Reprendre en retour nos pas sur la route.
Et donner au soir le noir, t’entendre dire :
De tes yeux fragiles,
De tes peurs éperdues,
Mes gestes malhabiles,
Ta pudeur mise a nue.
A ne pas oublier …
Tes yeux fermés, ton regard clair.
Le goût du miel sur tes lèvres prunes.
Nos doigts et ventres, peurs en confiances paires.
Et nos mains accolées a la lune.
Rossini Eric
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