|

La vieille frégate
Immense crinière en bataille
Rouge comme un feu de broussaille,
Visage maigre, trés fardé
Sous l’arête vive du nez,
Sur le trottoir elle marchait
D’un pas auguste, hélas gâché
Par un Parkinson avancé.
Frégate des mers du passé
Elle voguait sous la grand-voile
D’un immense châle violet
Chamarré de fleurs tropicales.
Et moi, ému, éberlué
Par sa folie, par son courage,
J’aurais voulu pouvoir planter
Sur l’étrave de son corsage
La médaille de chevalier
Des Farfelus du Troisième Age,
Qu’à l’instant je viens d’inventer !
|