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Ce poème...
C’est un poème,
Le poème de tous mes poèmes,
Celui qui me fait pleurer,
Qui me comble de bonheur,
M’envahit, me libère,
M’ouvre les yeux, me surprend,
M’inquiète ou me rassure.
Mon poème,
Flèche, oiseau, caresse, ogive nucléaire,
Cri, silence, murmure,
Ciel, soleil, nuit, mer, lune,
Profond vertige, incroyable harmonie.
Le poème de tous mes poèmes,
Gonflé d’amour, serti d’humour,
Affreusement beau
Et tellement vrai
Qu’on pourrait presque le toucher,
L’entendre quand il rit, prie ou gémit,
Le voir rougir, pâlir, venir au monde,
Détaler comme un lapin
Au son du corps, mon corps,
Le cauchemar de ses nuits.
Il est sur le bout de ma langue
Depuis que je suis né,
Et il y restera,
Car ce poème-là,
C’est mon sang, mon cœur, mon âme ;
On aura beau dire et beau faire,
Nul ne pourra jamais l’apprivoiser,
Même pas moi !
***
Comment savoir
Comment savoir si tu existes ?
Je vais à toi, l’amour dans l’âme,
Et voudrais tant être alchimiste
Pour t’offrir ce bouquet de flammes
Qui réchauffe mon cœur d’artiste.
J’écoute gémir cette voix
Si tendre et pourtant inhumaine,
Je l’entends et, du fond de moi,
Monte un cri qui brise les chaînes
De mes désirs les plus sournois.
Ta présence est cette lumière
Qui m’éblouit même la nuit,
Cette étoile insouciante et fière
Qui plonge au mépris de sa vie
Au cœur du chaos nucléaire.
Comment savoir si tu existes
Alors que tout me porte à croire
Qu’il n’y a plus que toi, soliste
En concert face à ma mémoire,
Plus que toi en moi qui subsiste.
Michel DUPREZ
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/1674/liste.html
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