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Ma Vénus
Vénus des premiers temps, déesse aux larges reins,
Témoin silencieux de cultes trés antiques,
J’ai voulu retrouver dans la glaise plastique,
La rondeur de ta croupe et le poids de tes seins.
Longtemps j’ai travaillé l'argile entre mes mains,
Modelé et poli tes formes familières,
Etonné de sentir la force de la Terre
Monter en bouillonnant dans le creux de mes reins...
Vénus des temps obscurs, je ne puis, malheureux,
Te laisser pour toujours dans la paix de la Terre,
Au ventre d’une grotte, au centre du mystère,
En hommage moderne offert aux anciens dieux.
Longtemps je t’ai tenue, offrant à la lumière
Ton ventre de Genèse et tes seins chaleureux,
Et puis... je t’ai laissée glisser dans la rivière.
Et l’orage a chanté pour moi dans le ciel bleu !
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