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La mort du Paradis
Ah ! J’ai froissé les images du temps,
Bu le sang de l’agneau meurtri,
Effacé de mon visage des printemps
Dans des nuits peuplées d’incessants cris.
Obéissant à ma triste cervelle
Qu’enflamment des sourires conquis,
Je me suis brisé les ailes
D’avoir trop vomi.
Bien des tombeaux je n’ai fleuri
Pris d’une étrange torpeur,
Jeté au temps meurtri
L’infini silence des lueurs.
J’ai nourri, hélas, l’anathème
Comme le sang nourrit l’arène,
Et jeté le blasphème
Pour des dieux en peine.
Et dans le désastre silencieux
D’un miroir sans pitié,
Je me suis crevé les yeux
D’avoir trop imaginé.
Sous l’escalier qui regarde les culs,
J’ai pu inventer sans peine
Des enfers où je me suis perdu
Comme des chaînes qui se souviennent.
De longs trottoirs qu’inventent
Des soupirs, comme d’affreux refrains,
S’inclinant sur mes mains tremblantes
Avec l’adieu d’une putain.
Oui j’ai péché,
Et l’arbre a perdu ses fruits
Quand mon âme s’est envolée
Bien plus loin que le paradis.
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