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On vit à 100 à l’heure
Monde sans cœur
Pas le temps,
Pas le temps de regarder à l’intérieur
Faut qu’ça roule
Défoule
Au milieu de la foule
Partout ça grouille , il faut que tu t’agites
Faut faire vite
Le temps c’est de l’argent
Mais l’argent c’est du vent
Tu achètes, tu dépenses
Tu te pares d’apparence
Luxe inutile
Plaisirs futiles
Dans lesquels tu t’enivres
Masque d’argile
Tu en oublies de vivre
Respire
Parler de tout, de rien
Çà fait du bien
Parler de la misère
Se délecter de guerres
Des violences du jour
De tous ces bruits qui courent
Mais où est donc l’amour ?
Tu f’rais mieux de te taire
Dans ce monde à l’envers
Impression délétère
Tourné vers l’éphémère
Tu regardes en arrière
Toujours autour
Adieu l’amour
Sages
Comme une image
cirés à l’encaustique
Des robots mécaniques
Dans le moule électrique
des arènes du cirque
Qui mène la danse ?
Est-ce que tu y penses ?
Etre dans le ton
Où tout l’ monde se confond
Tout çà n’est qu’illusion
On t’endort
Tu oublies de rêver
Où est ta liberté ?
Ose un pied dehors
As-tu peur d’être seul, d’écouter le silence ?
Et tu caches tes larmes, perdu au fond d’un bar
Qui les voit, dans le noir ?
Autour l’indifférence
Flash lumineux, feux d’artifice,
Images factices
Et jeux artificiels
Tu oublies l’essentiel ...
La lumière du soleil ....
Pense que tu as des ailes !
***
Y’a des moments comme çà
Y’a des moments comme çà
Solitude dans la foule
Tous ces mots qui me saoulent …
Y’a des moments comme çà
Des mots à contre-moi
Comme une immense houle
Et qui roulent, et qui roulent
Bien loin en contre bas.
Des mots à contre cœur, dépolis d’émotion,
Des mots à contre sens, aux pâles vibrations,
Sans même la musique, sans même un peu d’amour.
Des mots pesants et lourds à la croisée des jours,
A tous les coins de rue, sur de pauvres chemins,
Tous ces mots de partout mais qui ne vont nulle part
Et tous ces mots sur tout, mais qui ne disent rien
Tintamarres criards ou spectres dérisoires.
Y’a des moments comme çà
Où l’on devrait se taire, se taire et laisser faire….
Laisser parler tout bas
Le silence de la mer ou bien celui du ciel ou encore de la terre.
Et se laisser porter par l’eau qui sait les mots
Dans le vague des vagues ou l’onde d’un ruisseau
A seul’ment écouter le vent dans les roseaux
Le doux chant d’un oiseau, la musique d’en haut.
Y’a des moments comme çà
Où l’on devrait apprendre, apprendre à regarder
Au delà d’apparats pour distinguer le vrai.
Apprendre à s’arrêter dans un croissant de lune
Et se laisser rêver dans le souffle des dunes.
Accrocher quelques doutes aux gouttes de lumière
Et se gonfler les sens à être moins que l’air
A être moins que tout, élargis de partout.
Jusqu’aux pores de l’âme, en sentir le remous
Comme des ronds dans l’eau sur la peau nue du cœur
A frissonner le corps dans la seule tiédeur
D’un petit coin d’amour qui ressemble au bonheur.
Y’a des moments comme çà
Trop simples en apparence
Si forts en résonance
Où les plus vrais des mots sont ceux qu’on n’entend pas.
Y’a des moments de rien
Où les mots semblent vains
Où regarder suffit
Où s’attarder remplit
Jusqu’à croire au possible
Dans ce monde impossible.
Et puis ... juste sentir ...
Sentir et ressentir,
Soulever une étoile,
A frôler la lumière, un impalpable voile
Où le profond fluide glisse sur la soie des larmes
Sans un cri, sans un bruit, là où tout se délie.
Etouffer la grisaille, souffler sur les nuages,
Inspirer, expirer, respirer le ciel large
Qui aère nos consciences et oxygène nos vies.
Et puis chercher enfin
Quelque part dans le vent
A l’infini présent
Quel est notre chemin
Où est notre essentiel
Et fouler les recoins
Les poussières de notre âme, pour avancer sans fin
Sans fard, sans artifice, au delà du réel
Pour avancer sereins
Un peu, un peu plus loin
Marie LT
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