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Toi, qui depuis tant de siècle attires les convoitises
Toi, dont ton sous-sol irrigua la surface d'argent frais
Laissant, ça et là, des terrils que certains trouvent laids
Pays d'Artois, pays d'Haisnault, tu portes tant de cicatrices.
Je garde en mémoire le récit de tous mes aïeux
Qui s'usèrent les mains, dans la nuit des profondeurs solides
Grattant à s'en épuiser, ces veines de charbons fossilles
La pelle et la pioche meurtrissant leur vie après celle de leurs vieux.
Pays de sueur où s'écrit en lettres d'or le mot travail
Région des sacrifices gratuits, qui attire de fort loin les capitaux
Parce que l'homme d'ici que l'on malmène, a le caractère de l'agneau
Car l'humain financier en col blanc a l'esprit acerbe et canaille
Toi, pays du Nord, deviendras-tu enfin une belle exception
En refusant un jour, que sans cesse on te tonde, éternel esprit mouton
Déjà, en son temps, Zola parlant de toi, osait dénoncer ce que tu n'oses pas
Milliers d'êtres déçus, qui ne s'expriment que les jours d'élection.
Mais lorsque l'on regarde au-delà des voiles de tes horizons
Un timide soleil se reflète sur les toitures de tes corons
L'eau des sources rejaillit à l'esprit des nouvelles générations
Chair de notre chair, gonflée comme un fruit mûr du mot ambition.
Je t'écrirai encore, toi mon pays des rivages embrumés
Toi qui durant tant de siècles écrivit de ton sang le mot Liberté
Province de France, chaleureuse qui connait le sens du mot Fraternité
Et qui depuis toujours sait très bien que n'éxiste pas l'égalité
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