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Le chalet d'alpage
La vallée se noyait aux vapeurs d'autoroute,
La neige s'accrochait aux alpages anciens
Tout labourés de pistes et de remonte-pente
Sous un ciel bleu rayé de longs sillages blancs !
Assis bien à l'abri du ressac des camions
Au porche ensoleillé d'un vieux chalet d'alpage,
Comment ai-je, soudain, en relevant le front,
Vu ces traits de crayon aux linteaux de sapin ?
Une main de berger avait noté sans fioriture
La transhumance des troupeaux d'un autre temps,
Chaque printemps, depuis la fin des années trente
Jusqu'à mil neuf cent cinquante neuf :
Date de la montée, date de la descente.
Un seul commentaire : "beau temps " !
Es tu mort, vieux berger ? ou peux tu de ta chambre
Voir le troupeau joyeux qui a volé les pentes
Aux grands bovins pensifs qui ruminaient les fleurs ?
Les neiges et les ans glissent au toit en pente
Mais ton humble crayon te survivra longtemps !
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