|

Dans le vide de mon silence
Dans l’atroce vide de mes pensées,
Il est des profondeurs si vastes
Que le monde pourrait s’y engouffrer,
Et ma bouche close, rester chaste.
Mes songes, parfois, fertilisent l’abîme,
Des songes informes, sans saveur,
Sans même une lueur infime
Caressant mes langueurs.
A travers moi s’engouffre l’humanité,
Et comme un filtre j’en ai le goût,
Et au royaume des voluptés
Je me traîne à genoux,
Car le ciel est si bas, ici,
Que debout, ma tête entreverrait
Le désastre dans son plus bel habit,
Sur des cimes que l’enfer reconnaît.
Il n’est que la musique
Pour mon pauvre cerveau,
Comme de saints cantiques,
Comme le silence sans fardeau.
Même des yeux angéliques
Rajeunissant mon soleil de leur éclat
Ne pourraient me lever d’une torpeur sympathique
Aux chants doux que j’entrevois.
Je regarde se courber les herbes folles
Au gré d’un vent aimable,
O ! pauvre terre, tu te désoles
De nos vertus misérables.
Oui c’est bien le silence qui nourrit,
Ravivant ici bas toute chose,
Naissant de sources pures engourdies,
Aux portes de mes affres écloses.
|