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Moi, qui me nomme le Rimailleur, je suis la différence
Le contraste, le blanc et le noir, le sombre et la lumière
je suis le charme mais aussi la douleur, le désir et l'espérance
Le tourment de mes mots s'invente des mondes, de nouvelles terres.
Je suis l'histoire universelle qui ne respecte pas sa syntaxe.
J'abuse de ces verbes à l'infinitif comme provoquer, attendrir ou nuire
Je heurte par mes articles non accordés, mes liaisons non appliquées
Mon écriture n'est qu'un leurre qui cotoye la mélancolie poétique
Un langage bancal, que parfois j'ai moi-même du mal à décrypter.
Je m'ennuie à la lecture d'un Goncourt ou d'un best-seller
J'y préfère la plume naïve, d'un éssai ou d'un inquiétant thriller.
j'aime lire et écrire les sensations bizarres et fugitives, le malaise
Qui font que le texte laisse cette étrange impression d'inachevé, de baclé
Ces phrases aux troubles mots dont le sens en est souvent dévié.
J"écris ces étés sans chaleur et sans feuilles aux arbres, illusion!
Je narre la fragilité de la vie, ses failles et ses faiblesses.
Rimailleur, ce nom que depuis si longtemps, je me suis choisi
Inspire mes réfléxions, nomade , il souffle aux vents de mes envies
Mes rimailles sont une complicité, un partage, au deça des désirs.
C'est une passion, des fluctuations imposées par les saisons et les humeurs.
Mes textes sont des eaux calmes et souterraines ou s'écoulent mes joies
Mes phrases sont des torrents, aux eaux vives qui de mes rages se déchaînent
Rimailleur je suis, la différence entre deux mondes, entre deux poésies.
Je suis moi, et tel que je suis, je resterai, jusqu'à la fin de mes vies.
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