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La ville morte, Caravelas
Je rêvais à ce nom sur la carte marine :
Voiles blanches portant la croix du Portugal
Ou Mermoz, décollant son hydravion postal
Sur la route de l'air qui mène en Argentine !
Nous y sommes allés, un jour, à la poursuite
De secrets à voler aux récifs de coraux,
Plus au large, sur les hauts-fonds des Abrolhos,
Dans une eau limoneuse et, d' ailleurs, assez triste.
Mais le rêve était loin et la ville était morte :
Le fret trop cher, les armateurs étaient faillis.
Un vieux train à vapeur rouillait dans les taillis
Et des dockers chômeurs dormaient devant leur porte.
Et puis, au petit jour, nous avons embarqué
Sur un rafiot pourri et la belle aventure
Sombra : plus de moteur, voiles en pourriture...
Mais le soleil levant sur l'immense embouchure
Fut plus beau que mon rêve et je fus consolé !
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