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Dans l'eau trouble de l'aquarium, des ombres passent, furtives.
Le patron est immobile à son poste.
Son buste massif s'appuie sur les deux bras tendus, largement ecartés;
les mains s'accrochent au rebord du comptoir;
la tête penche,
presque menaçante,
la bouche un peu tordue, le regard vide.
Autour de lui les spectres familiers dansent la valse,
comme des phalènes qui se cognent en rond contre un abat-jour,
comme de la poussière dans le soleil,
comme les petits bateaux
perdus sur la mer,
qui bercent au gré de la houle leur cargaison fragile,
les vieux tonneaux, les poissons morts,
les poulies et les cordages,
les bouées,
le pain rassis,
les couteaux
et les hommes.
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