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Le Printemps se meurt déjà
La terre du Nord où je tire mon âme
Est tout le temps arrosé de sueur et de larmes
Cité lointaine, ville aux filles de joie!
L'aube sur ses canaux étire ses sommeils
Blondes ou Blackes, pelotonnées dans la tiédeur
Sous les porches ou en vitrine patientent des heures
Le froid, par trop visible, ces filles tiend en éveil.
Plus vieux métier du monde dit-on
Par delà les vitres crasseuses, ils les regardent
Ces esclavagistes, si un marin s'attarde
Garre à elles, dure sera la punition.
Elles sont là, toutes les nuits, gelées, transies
Prêtes à se vendre, pour de la poudre se payer
Peu importe si des hommes souillent leur intimité
Elles se donnent pour calmer, des pulsions, des envies
Peu d'entre elles parlent notre langue, ni la comprenne
Un jeune puceau, un vieux en manque ou un pervers
Leur peau attire toutes les odeurs, toutes les misères
Beaucoup de Slaves et quelques beautés ébéne et Africaines
Fille de joie, quel drôle de nom?
Femmes esquintées, ballotées, trop " baisées "
Humaines objets, depuis des millénaires, exposées
Un jour, peut-être , votre vie ne sera plus une illusion.
Le printemps se meurt déjà
La terre du Nord, où je tire mon âme
Voit défiler toutes ces filles, ces Dames
Qui à Lille vivent, non , survivent, comme des rats
Arrêtons de trop nous voiler la face
Leur métier a bien changé, c'est déshumanisé
Car leurs maquereaux, ces horribles rapaces
Poussent toujours plus loin leur besoin de cruauté.
Femmes de ce monde, je vous aime tant!
Je suis sûr que vous aussi avez été des enfants.
Rimailleur , le 14 juin 2007.
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