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Une année s’est enfuie, et vous passez encore
Sur l’océan de vie, à bâbord, à tribord
Une année s’est enfuie,
Dans les vapeurs d’aurore
Vous repassez encore
A l’orée de l’oubli.
Telle une douceur amère
S’étire au ciel d’éther
Nuages d’interdit.
Quand vous posiez, hier
Sur les vagues en colère
Votre regard ébloui.
Que de vents, de marées
Pour seulement tenter
De ne pas sombrer !
Que de pluie, que de nuits,
A repriser, sans bruit,
Les filets de l’envie.
Une année s’est enfuie, vous souriez encore
De votre voix l’écho, est toujours aussi fort
Une année s’est enfuie
Mais se souvient mon corps
De votre arrivée au port
Au quai de mon ennui.
Telle une vive lumière
Déchire, d’un seul éclair,
L’horizon endormi
Et que jaillit, toute entière
La conscience première
D’un bonheur en survie.
Que de vents, de marées,
Pour seulement tenter
De vous échapper!
Que d’efforts inouïs
A résister, sans bruit
La tempête a sévi,
De vous, je suis,
Naufragée...

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