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Crépuscule
Je suis un amoureux, certes pas un poète.
Je verse sur les flôts l’amour que j’ai reçu
Comme l’huile, autrefois, pour calmer la tempête
Et dire à mes amis qu’ils ne m’ont pas déçu.
Au bord de l’océan où ma marche s’arrête
Je m’assieds aujourd’hui sous le soleil ardu
Et je m’y plonge encore pour connaitre la fête
Du corps qui se dissout et du poids disparu.
Et quand mon jour viendra d’épouser ma planète
Pour être algue, rocher, ou arbuste feuillu,
Poisson ou bigorneau, lézard ou alouette
Dans le grand tourbillon, le grand tohu-bohu,
Je demande aux amis de déposer mes restes
Ou mes cendres peut être (et d’ailleurs je m’en fous)
Dans un coin, n’importe où, sans se casser la tête,
La mer n’est jamais loin où l’on rejoint le Tout.
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