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Les humains de passage (Michel Miaille)

le mercredi 20 juin 2007, à 17:17. Posté par COLLECTIF (auteur : Michel Miaille)


Ils traversent la vie au son de leurs tourments
Un jour le coeur joyeux, un autre l'âme en peine,
Prisonniers de l'amour ou poussés par la haine
Au fil de leurs émois ou de leurs bons moments.

Les plaisirs leur sont doux dans mille évènements
Au détour du parcours où leur ennui se traîne
En des mois insensés. L'éternelle fontaine
Leur distille ses eaux dans tous ses sentiments.

Mais leur temps est compté sur l'éternelle route
Avant que ne s'en vienne enfin cette déroute
Au triste nom de mort, fille du grand néant.

Ils continuent alors, le corps ardent ou sage,
De suivre ce chemin aux airs de dépliant
Mes frères de toujours, les humains de passage.


Miaille Michel


*


Je ne vous entends plus (Beethoven devient sourd)


J'ai vu la nuit tomber
A grands coups de silence
Sur un désert immense
De notes envolées.
J'ai vu la nuit tomber
Et mon piano se taire,
Compagnon solitaire
Des musiques passées.
Ma vie a tourné ses pages
Sous un ciel de tourmente
Dans une agonie lente
Aux accents de naufrage.

Je ne vous entends plus du fond de ma détresse,
J'écoute seulement les pas de la vieillesse
Et je crois deviner tant de choses passées
Qui ont guidé ma vie tout au fil des années.
En écoutant le temps de mes oreilles mortes,
J'entends des sons lointains qu'un vent glacial emporte
Et quand tombe la nuit sur mes jours de misère,
Malgré ce mal violent et mes pensées amères,
J'entends encore alors les choses de ma vie.

J'ai vu la nuit tomber
Sur tant de symphonies
Tandis qu'un mal maudit
Peu à peu sinstallait.
J'ai vu la nuit tomber
Sur tant de concertos
Sortis de ce piano
Que mes mains caressaient
Et j'ai pris l'habitude
De demander aux gens
D'écrire maintenant
Leurs mots de gratitude.

Et vous qui connaissez mes accès de fureur,
Vous qui m'avez suivi au temps de ma splendeur,
Vous comprenez si bien tout ce mal qui m'étreint
Tandis que, peu à peu je sens venir la fin.
Vous savez ma passion et mon amour pour vous
Par-delà les années, le temps maître de tout
Et quand je m'en irai la-bas vers l'inconnu
Vers le pays lointain d'où l'on ne revient plus,
Je jouerai simplement une dernière fois
Pour vous l'hymne à la joie,
L'hymne pour vous et moi.


Miaille Michel

http://www.abcpoesie.net/view_auteur.php?auteur=Miaille%20Michel&limite=0

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
MarieAnne le mercredi 20 juin 2007, à 17:21
SUPERBE. La notion d'éphémère, du temps qui passe... On se retrouve dans ce ressenti. Amitié.

ct570 le mercredi 20 juin 2007, à 17:35
Trés beau texte que je n'avais pas lu. Merci pour ce partage. Amitié Catherine

Dago Laborel le mercredi 20 juin 2007, à 22:04
heureuse découverte; et sur abc que je fréquente, honteux de n'avoir pas découvert plu tot Miaille, peu de poèmes mais superbes, de très beaux sonnets, je pense au magnifique Goulag et puis Beethoven et Camisards-maquisards et d'autres encore, c'est ça, encore, encore!!!

Michel (Signes de Vie) le jeudi 21 juin 2007, à 13:29
Un des plus beaux poèmes que j'ai lu, ces derniers jours. Avec des mots justes, et de la profondeur. Amitié

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