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J'éffeuille ma conscience, aux mots inconnus.
Au milieu de la foule, je suis seul dans la rue.
J'éffeuille mes rires qui se meurent de tristesse
Au sortir de ma jeunesse, je me savais déjà trop vieux.
Le sang glisse sans fin du stylo de mes mains.
J'éffeuille mon futur qui se voudrait passé;
Dont les satellites ressemblent aux grands voiliers.
Braconnier de moi-même, embusqué dans mes fables
J'éffeuille un seul mot qui s'écrit nostalgie!
Le poids de mes paroles résonne en un long silence
J'éffeuille le réel, qui se brise à l'angle des rêves.
J'éffeuille les richesses qui viennent des haillons du pauvre.
J'éffeuille mes étés où l'hiver vient très vite lorsqu'on est seul.
Aujourd'hui où mes visions voient se consumer mes jours
Qui hésitent à paraître sur mes chemins, parsemés de cendres.
J'éffeuille mes songes qui hurlent en ma tête en un silence de neige.
Je suis la solitude des feuilles, qui se meurent sur l'arbre.
J'éffeuille les montagnes où l'on entend battre la mer.
J'éffeuille ma réussite acquise par négligence.
J'éffeuille les foules d'oiseaux qui se meurent en moi.
J'éffeuille mon néant qui me fait sans cesse dire:
Je suis si mal dans ce siècle,
Je suis si mal dans cette peau
Si mal
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