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Complainte du TGV
(Tout pour les Grandes Villes !)
Refrain:
Nous sommes les plus beaux le monde nous envie
Unissons nos efforts nous l'aurons tôt ou tard
Cet ultime joyau de la technologie,
Le TGV qui ne s'arrête nulle part !
Nos pères, moins pressés, sans souci des distances,
Savaient mieux qu’au jourd'hui se déplacer en train..
Tout en saucissonnant ils traversaient la France,
La bouffarde à la bouche et le verre à la main...
Chaque ville ou village avait sa jolie gare,
Tout près de la grand-place, à l’ombre du clocher
Et pour tout embarras, le brave chef de gare
Encaissait votre argent en donnant le ticket...
La Vitesse est tombée sur nous sans crier gare
Et, pour gagner du temps, de Marseille à Paris
On coupe les arrêts, on déplace les gares,
Eventrant les collines et les régions aussi.
Si tu es Lyonnais, que tu vas à Marseille,
Prends d'abord ton auto, le bus ou le taxi
Pour la nouvelle gare, bien plus loin que la vieille,
Perdant pas loin d'une heure (mais qui donc s’en soucie ?)
Et si tu vas plus loin, arrivant sans méfiance,
Tu verras l’omnibus te partir sous le nez...
<<Comment, qu’avez vous dit ?, une correspondance ?
Mais, Môssieur, ce Réseau est Ré-gio-na-li-sé ! >>
Autrefois, cependant, dans nos petites villes,
Trains de jour, trains de nuit, le choix était complet.
Paris ou Perpignan, Bordeaux ou Vintimille
Toujours un train direct (mais lent !) vous convenait.
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Dans nos petites gares, aujourd’hui désertiques !,
On attend maintenant longuement sur le quai,
Son express régional, tandis que, magnifiques,
Les super TGV passent sans s'arrêter.
Comment aller plus vite ? : en rapprochant les villes ?
En supprimant les gares ? en sautant les arrêts ?
En montant le client sur roulement à billes ?
Ou en mettant des ailes à tous les TGV ?
Mais je crois, plein d'espoir, qu’on verra un beau jour,
Dans une Gare Unique et bien climatisée
Du coté de Dijon, au milieu du parcours
Une rame splendide et informatisée,
Tourner comme un toton sur un rail circulaire,
Joignant en un instant, sans jamais s’arrêter,
Les deux bouts d’un Paris-Marseille imaginaire,
Voyage virtuel, enfin instantané..
Et pour aller de La Ciotat jusqu’ à Valence
On prendra l'autoroute, au milieu des camions,
Ou, qui sait ?, on ré-inventera la diligence,
Econome en essence et plus gaie que l’avion !!!
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