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Adieu mon griottier !
J’avais un griottier, planté d’une main chère
Et dont j’étais tout seul à apprécier les fruits,
J’aimais chaque printemps sa floraison légère
Et le léger envol des pétales flétris.
Alors je me plaisais dans la contemplation
Du fruit qui, peu à peu, grossit et se pigmente,
Je guettais chaque pas de sa maturation
Et la lente montée de sa rougeur ardente.
Enfin pour quelque jours, en prédateur hardi
J’allais, comme l’oiseau, en piller chaque branche
Dépouillant le bonheur des rameaux alourdis.
Sur les fruits importés je prenais ma revanche !
Et, gorgé pour l’année de vie et de soleil,
Comme un bonheur secret pendant la saison blanche,
J’en gardais tout l’hiver le souvenir vermeil,
Il est mort ce printemps,
Adieu ma vieille branche !.
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