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Des giboulées glacées et discontinues ce matin de MARS
On était ensemble dans cette salle d'hopital, immense
Depuis de longues heures on attendait que vienne sa délivrance
Bulles de souvenirs qui remontent et m'émeuvent, c'est farce.
Sous un soleil de plomb l'on se sentait écrasés cette fin JUILLET
On était ensemble, marchant entre les blés fraîchement coupés
Partis tôt le matin, longue ballade, englués par la torpeur torride d'été
J'entrevois si souvent ces instants, surgis des fonds de mon éternité.
Des perce-neige en corolles, partout, tapis blanc immaculé de JANVIER
On était ensemble, on en faisait de jolis et énormes bouquets
Dans le bois des Dames, de longues heures, ainsi, on s'oubliait
Instants complices, irrésistibles images de toute beauté.
Les herbages étaient humides de rosée, dans ce brouillard d'OCTOBRE
On était ensemble, à la recherche de ces superbes champignons
De ces jolis bolets qui en cuisant parfumaient tout l'intérieur de la maison
Je sens encore ces bonnes odeurs, je les hume et les absorbe.
Qui de nous courait le plus vite aux premières clartés d'AVRIL
Les oeufs cuits durs et peints, cachés, tout au fond du jardin
Nous étions ensemble, chasseurs des Pâques, au petit matin
Je ferme les yeux et souris, un incommensurable bonheur subtil.
Peu avant que se terminent les grandes vacances vers la fin AOUT
Nous étions ensemble pour la récolte de l'incontournable pomme de terre
Très dur labeur; On les comptait, se garrottant, la bonne affaire
J'ai beau me dire qu'il y a si longtemps, j'y pense toujours, c'est fou.
La neige encore étant présente, sur les sillons de FEVRIER
On était ensemble, transis de froid mais si joyeusement heureux
Courant à perdre haleine, sur le manteau blanc, si merveilleux
Nos hivers de grand froid, à trois, en ma mémoire sont gravés.
Je ne vais pas ce jour, faire le tour des douze mois du calendrier
Submergé par un trop plein d'émotions, une seule moitié a suffit
Si loin de ces temps, où mes deux frères à pleines dents, croquaient la vie
Funeste mémoire, toujours par la mort, tu te laisses rattraper.
Oui, nous étions ensemble, nous avions cette belle chance
Loin de ces trop récentes années, souvenirs tenaces de vous
Francis mon frère, Philippe mon frère, je me souviens, rien n'est flou
La route de votre paradis, je la trouverai au bout de mes érrances.
Patrick chroniques et rimailles
Devoir de mémoire part 1
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