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Songe et pâleur
O ! rêve, infatigable songe,
Tout mon être comme suspendu,
Qui, dans des gouffres, plonge
A l’assaut du temps perdu.
Ces mers agitées, sans pitié,
Où je me noie sans mourir,
Engloutissant des visages muets
Qui venaient me sourire.
Des vallées profondes
Répandant l’échos,
Comme un murmure qu’inonde
L’ombre d’un berceau.
Des bouches écloses sur le néant
Q’inventent des regrets,
Sur mes yeux amers
D’où plus rien ne renaît.
O ! rêve de mes rêves
Emportant mes nuits solitaires
Quand mes draps me pèsent
Comme le vide du désert.
O ! rêve de mon envers,
Comme une torture sympathique
Tu frôles les enfers
Dans mon âme nostalgique.
Et sur le divan de velours
Se pressent indifférentes
Les premières lueurs du jour
Baignées d’épouvante.
Je semble renaître de mes cendres,
De toute chose aperçue,
De ces rêves qui ne veulent plus entendre
Mon âme, qui ce matin s’est tue.
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