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Vision nocturne
Parfois lorsque je rentre tard
Quand la nuit vagabonde,
Je cherche dans le ciel, quelque part
Des anges qui feraient une ronde.
Quelques visages au miroir défait
Me croisent indifférents et pressés,
Seule mon ombre longeant le quai
semble s’en amuser.
Un ballon flotte dans l’eau
Calme et apaisante,
Illusion sur les flots,
Ce n’est que la lune souriante .
Dans ce théâtre fabuleux
Où mes pas semblent rythmés,
Les nuages à la queue leu leu,
Tour à tour viennent la caresser.
On y rencontre quelques chats de gouttière
Guettant d’imprudentes créatures,
Quelques clochards, traînant leur misère,
Qui se moquent bien du futur.
La nuit bannit les frontières,
Elle est d’une clarté profonde,
Elle efface nos desseins de misère
Quand nos cœurs, dans sa pureté, se fondent.
La vie ne vient elle pas de la nuit,
Le premier cri ne vient il pas du silence,
C’est pour cela que chaque soir je la suis
Me couvrant de son voile immense.
Au delà de la berge qui s’étire,
Quelques chevaux à l’encolures courbée
Projetant leurs naseaux sur l’herbe, comme à plaisir,
Sans se soucier de la nuit tombée,
Semblent retenir le temps si fragile.
Il n’ont pas l’air pressé ni inquiet,
Tant la noirceur de ce qui les entoure est immobile.
Et, seule, la lune danse sur l’eau aux doux reflets.
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