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Le motocycliste (Robert Vitton)
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le mercredi 11 juillet 2007, à 17:37. Posté
par COLLECTIF (auteur : Robert Vitton)
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LE MOTOCYCLISTE
Vouloir écarter de sa route toute souffrance, signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine
Konrad LORENZ
Je claque au vent mon infortune
J’ai toujours ma gourde d’amer
Quand il me reste quelques thunes
Je roule roule vers la mer
Je claque au vent comme une voile
Je perds l’auster et le noroît
Je ne suis plus ma bonne étoile
Je laisse en rade mon arroi
Je prends ma môme en amazone
Dans les mystères de Paris
Dans les prosopopées des zones
Dans les tambours des bourgs fleuris
Je feuillette les tags les fresques
Les bombages les graffiti
De ma saison tintamarresque
Sous les violons des Amati
Ô babels ô tours des miracles
Ravitaillées par les pétrels
Les hauts-parleurs sont des oracles
Et les juke-box des ménestrels
Je prends ma girl sur mon tan-sad
Dans la pop et le rock-and-roll
Les spots effacent les façades
Et les murs n’ont plus la parole
Je prends des gouges aux vendanges
Aux sacs aux ressacs automnaux
Je compte sur mon masque d’ange
Je sors indemne des tonneaux
Je prends de belles voyagères
Dans les rêveries du printemps
Elles dorment sur les fougères
Et se baignent dans les étangs
Je prends des gosses estivales
Sous leurs pieds nus la route fond
Je les trousse sur ma cavale
A fond les manettes A fond
Je double dans l’imaginaire
Caravaniers et camionneurs
Jeepeurs tankistes mercenaires
Ô mes roues libres du bonheur
Le plein Je la prends ma pompiste
Pour la traversée du désert
Pour mon fantasque jeu de piste
Pour mes soliloques diserts
Sur les chemins de Compostelle
J’éclabousse des coquillards
Vêtus de peaux de brocatelle
Et je fonce dans le brouillard
Dans d’interminables chicanes
Je renverse mes trépassés
Mes amoureuses à bécane
Je m’estompe dans le passé
Je distance dans des mirages
Tramways autocars chars à bancs
Je file défaire virages
Epingles lacets et rubans
Je ne m’arrête plus aux gestes
Plus aux micmacs du macadam
Plus aux travaux de l’Almageste
Plus aux bévues plus aux ramdams
Je croise des vagues dolentes
Des bulldozers mille convois
Des roulottes bringuebalantes
Et des tombereaux de gravois
Je prends en croupe Miss Mistoufle
Sous les chandelles de l’hiver
Je lui promets chaudes pantoufles
Bonnet phrygien pardaf de vair
Dans mon casque ô noir coquillage
J’entends la Mer de Debussy
Les mouettes de mon sillage
Les vents qui brodent mes récits
Je prends la Mort en néoprène
Avec sa faux et son barda
Je passe à travers des sirènes
Des gyrophares des soldats
Ô mes frangines de l’asphalte
Qui savaient le grec le latin
Vous êtes neuf j’aurai neuf haltes
Hélez-moi mes doctes putains
Homère écrit mon odyssée
Au zinc d’un bar américain
Sur l’autostrade damassée
Dans les jupes des mannequins
Je traverse des cris d’orfraies
Des fanfares tachées de sang
Des puzzles tracés à la craie
Et des éclairs éblouissants
Bolides de toutes les marques
Quand vous débridez vos chevaux
Sans se précipiter les Parques
Enfourchent leurs grands écheveaux
A deux mille bornes à l’heure
Je me traîne comme un manant
Mes morts et leurs oiseaux de leurre
M’attendent sans haine au tournant
Je traverse des solfatares
Des tam-tam des orgues des chœurs
Des pluies de cordes des guitares
Des ballets de marteaux-piqueurs
Ma mer ma mer ma mer ma mère
Je traverse tous mes décors
Des voix des voiles éphémères
Je viens pour la levée des corps
Robert VITTON, 2006
http://www.artistasalfaix.com/revue/rubrique.php3?id_rubrique=126
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commentaires ( 3 ) (Ajouter un
commentaire) |
z. le jeudi 12 juillet 2007, à 09:47 merci à collectif d'avoir posté ce texte, "les nuits rouges" est mon préféré et puis aussi... |
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Collectif le jeudi 12 juillet 2007, à 15:24 Oui, z. , le lien vient d'être ajouté pour que tu puisses trouver ton bonheur... |
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Michel (Signes de Vie) le vendredi 13 juillet 2007, à 16:44 C'est du Robert Vitton. Point. ;) Plaisir de lecture. Amitié |
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