|

Il suffit
Je te regarderai pour te maudire
Contemplant les ténèbres profondes,
Te chercherai pour te vomir
Dans ce désastre qui inonde.
Je crierai si fort que tu m’entendras
Et me repoussant de ton arc funèbre,
D’une frontière que je ne connais pas,
Ma force se nourrira de ma colère.
Au point de non retour, épuisé,
Sorti d’un soleil morne,
Ton arc sur moi se sera brisé
Comme l’œil de verre d’un borgne.
Ainsi d’une fenêtre féconde,
Moi vivant, toi gouffre sans fin,
J’aurai senti ton odeur immonde
Et le souffle vif de ta main.
Il n’est pas de tombeau assez profond
Pour rassasier ton immense pouvoir,
Pour assouvir sur nos fronts
Ton exécrable devoir.
Au seuil des souffrances, peut-être un pardon,
Mais pas de cette balancelle mêlée au vent
Où se pétrit le bonheur à l’unisson
Ainsi q’un sourire s’éternisant.
Tu n’es q’une une ombre mais il suffit
Nous vivants, qui de lumière nous nourrissons,
Au souffle de la vie, d’éteindre à l’oubli
Nos pensées à cet affreux frisson.
|