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Ce qui nous reste
Quand se sera levé ce matin brumeux sans attrait,
Que ce printemps plein de promesses
Aura dévoilé pour nous deux tous ses secrets,
Quand l’hiver aura balayé nos caresses
Nous inventerons de vagues regards
Mais plein de tendresse,
Je lirai dans le tien, quand vient le soir,
D’autres matins, mais sans ivresse.
Nous aurons le pas lent,
Les mains cherchant le geste,
Comme les baisers des jeunes amants
Repoussant leurs amours funestes.
Nous irons encore dans ce jardin
Où tout n’est qu’enchantement
Et sans prendre ta main,
De toi, je goûterai chaque instant.
Ah ! qu’il est douloureux d’aimer
Aux heures aux lueurs incertaines
Quand, de nos cœurs, vient s’échapper
Tant de joie sur nos peines.
Qu’il est douloureux d’aimer
Quand les choses vont à leur terme,
Que rien encore ne nous a séparé
Et que lentement nos yeux se ferment.
Souffrir de trop aimer,
Souffrir de chercher l’amour,
Ce maudit temps qui nous est compté
Se moque bien de nos derniers jours.
Amant de la nuit où j’aboutis,
Amant encore un instant,
Amant d’un songe meurtri
Je resterai sur tes lèvres sans vie.
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