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La belle et le vieillard
Il est si doux ce parfum qui vous caresse
Que mes mains si laides envient,
Quand le mien est celui de l’ivresse
Des jours sombres et de l’ennui.
Vos cheveux qui en sont imprégné
Voilant à peine votre visage,
Par d’autres mains seront défaits
A moins que vous ne restiez sage.
Mais j’en doute, car mes yeux
Voient déjà au bas de votre gorge
Comme une vallée au sentier radieux
D’où le soupir de l’ennui regorge.
Allez, verte brindille insolente,
Emousser votre jeunesse.
Ne regardez pas mon corps qui se lamente
Et, dans mes yeux, ma tristesse.
Offrez vous à la lumière bienfaitrice
Que des cortèges sombres envient,
Votre corps que la jeunesse ne maîtrise
Se plaindra bientôt des choses appesanties.
Offrez vous aux caprices divins,
A l’infini plaisir,
Pendant que je verrai dans mon vin
L’illusion que m’aura donné l’élixir.
Allez donc comme le clair matin
Puisque je ne suis que moisissure,
Pour moi il n’est point de chagrin
Car trop grande est ma blessure.
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