Rivages et tombants

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Mémoire des graînes (conte)

le jeudi 19 juillet 2007, à 16:37. Posté par Dago


    Mémoire de graînes
    Conte


    Il était une fois :
    Dans un grenier, dans une ferme, à la campagne :
    un sac de toile grise, un sac lourd et poussiéreux.

    Dans ce sac, il y avait des graînes :
    Des graînes aplaties
    des graînes grises et brunes et renflées à un bout !

    Dans le sac, les graînes dormaient, dans le silence, elle rêvaient.
    A quoi rêve une graîne ?, me direz-vous.
    Comment le saurais je ?, je ne suis pas une graîne !
    Comment le sauriez vous ?, vous n'avez pas encore entendu l'histoire !

    Et pourtant quelqu'un entendit le rêve des graînes et il me l'a raconté
    C'était un petit garçon qui dormait, la tête posée sur le sac.

    Pourquoi dormait il au grenier ? il ne me l'a pas dit
    Peut être faisait il la sieste par une chaude après midi?
    Peut être avait il été puni ?
    Je ne l'ai pas su et vous ne le saurez pas non plus...

    Dans son sommeil, le petit garçon crut entendre de petites voix
    mille, dix mille petites voix
    têtues comme des pattes de fourmis
    fines comme des ailes de moustiques
    Et elles chantaient la chanson étrange que voici :

    "Nous chantons la mémoire douce
    De ce qui n'est pas arrivé,
    De ce qui, peut-être, viendra !

    Terre froide de l'hiver
    Terre tiède du printemps
    Douceur de la pluie, sommeil !

    Peur des mulots et des rats
    Fines dents blanches
    Croquant nos soeurs !

    Peur du bec pointu de la pie
    Peur du corbeau qui fouille et pique.

    Est ce la mort ou la naissance
    Qui nous arrive ?
    Qui crève notre coque blanche ?"

    Puis il y eut un silence, comme quand on se rappelle des choses trop incroyables pour qu'on puisse les raconter avec des mots.
    Enfin une voix isolée reprit, puis une autre, et encore beaucoup d'autres, et cela faisait un chant difficile à comprendre car les voix se disputaient, comme si elles ne pouvaient pas prendre une décision. Mais, comme le petit garçon était profondément endormi, il réussit à tout entendre :

    "Je veux monter, le ciel m'appelle
    Vers le haut !, je veux la lumière !
    Je veux descendre dans le noir!
    La fraîcheur de l'eau m'ensorcelle !
    Mais comment tout faire à la fois ?"

    Un silence encore, puis, plus calmes, les voix reprirent :

    "Il faut monter ! , il faut descendre !
    Nous ferons les deux à la fois !
    Monte tige ! descends racine !
    Que chaque part fasse son choix !"

    Et, de nouveau, le silence ! Le petit garçon sentait bien qu'il se passait quelque chose d'étrange : rien ne bougeait, et pourtant, il devinait un grouillement, une poussée immense dans le sac inerte.

    Enfin les voix reprirent et on sentait maintenant qu'elle étaient joyeuses :

    "L'eau nous traverse, la lumière
    Nous inonde de ses rayons !
    Étalons nos feuilles nouvelles
    Faisons éclater nos bourgeons !

    Nous préparons la fleur magique
    Qu'en notre secret nous portons
    Et vers le soleil magnifique
    De l'aube au soir nous nous tournons !"

    Les voix devenaient plus fortes, plus heureuses :

    "La plaine, mer orange, éclate de couleur !
    Venez, nos amies les abeilles
    Venez vous nourrir de nectar
    Et barbouillez vous du pollen
    Que vous allez porter au loin, de fleur en fleur !

    Le Soleil brulera la soie de nos pétales
    Mais la Vie germera dans le coeur de nos fleurs
    Nos graînes tomberont sur la terre natale
    Pour un nouvel été, pour un nouveau bonheur !"

    Et puis ce fut enfin le silence et le petit garçon se réveilla. Il m'a tout raconté quelque temps après et je l'ai vite écrit pour ne pas l'oublier. Je ne sais rien de plus , sauf qu'il y avait écrit en grosses lettres sur le sac :"GRAINES DE TOURNESOL"
    Qu'est il arrivé ensuite, je ne sais pas :

    Peut être les graînes ont elles été données au bétail ?
    Peut être ont elles été broyées pour faire de l'huile ?

    Mais j'espère qu'on les a plantées, et qu'elles ont pu, connaître le bonheur de se tourner vers le Soleil, réalisant ainsi que: leur MÉMOIRE était aussi leur AVENIR.

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
Michel (Signes de Vie) le jeudi 19 juillet 2007, à 16:47
des choses trop incroyables pour qu'on puisse les raconter avec des mots. .... Oui, mais on te lit partout, aujourd'hui!

fog_craft le jeudi 19 juillet 2007, à 17:42
très joli conte !! ta beaucoup de talent ! au plaisir de te relire!! http://www.mespoemes.net/fogcraft/

patrick le jeudi 19 juillet 2007, à 19:20
Encore un de ces tours de passe-passe engrangé par ton fertile esprit Dago.Cette histoire je la vérrais bien en classe de primaire ou à la maternelle, téllement elle se veut jolie à écouter.Bravo mon Ami Patrick

Niala le jeudi 19 juillet 2007, à 20:09
merveilleuse histoire de graine de tournesol,j'en sèmedans une partie du champ pour le plaisir des nos chers oiseaux et tout ceux qui veulent en profiter, nous on se regale des yeux, génialement raconté, merci Amitié

Elisa le vendredi 20 juillet 2007, à 09:38
Un comte à rapporter à nos chers enfants pour leur redonner le goût des histoires au lieu des jeux vidéos.......Bises Amitié et merci pour cette jolie histoire.

area le dimanche 19 août 2007, à 20:57
beau tout simplement, j'aimerais etre cet graine de tournesol merci et amitié poetique

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet