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La lune d'argent épiait le fort endormi
De son œil transparent illuminait la tour
Dans l'ombre du temps, ô mon amour, mon ami !
Tu ne sauras de quels fils j'ai brodé nos jours.
L'été suffoquait entre deux brises apaisantes
Contenant mes larmes, je traçais le chemin
Ces semaines loin de toi, ton absence brûlante
Comment partir, dis moi, quand un corps vous étreint ?
Ils dormaient leur escale, sagement alignés
Un souffle de vie animait la vaste plaine
Quand un oiseau de nuit, de ses plumes moirées
Intrigua mon regard éperdu sur LA SEYNE.
Que la nuit est belle sous ce ciel estival
Un baume pour ma peine, et j'en oublie ce mal
Ce mal de toi qui ronge, un peu comme une fièvre
Chaque fois que le chagrin revient mordre mes lèvres.
Pour moi le sommeil s'est enfui à grand galop
Tel un cheval rebelle, fougueux et sauvage
Etourdi par l'espace, cognant ses sabots
Au pied de l'arc-en-ciel part finir son voyage.
Ici, là-bas, maintenant, partout et ailleurs
"J'entends ta voix dans tous les bruits du monde"
Tout est toi, et quelle panique dans mon cœur
Qui flotte ou qui tangue, tel un fétu sur l'onde.
La lune d'argent épiait le fort endormi
De son œil transparent tenait en joug la tour
Dans l'ombre du temps, ô mon ami, mon amour !
Tu ne sauras de quels fils j'ai tissé la nuit.
NOTA : Hommage à M. Paul ELUARD pour le vers que je lui ai emprunté :
"J'entends ta voix dans tous les bruits du monde"

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