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Si je sais tant de choses, de mon village et de ma région
C'est à Aimable que je le dois, vieil instituteur, mémoire vivante
Il parlait sans jamais respirer, de ses mots qui chantent
Il savait tout, de tout, et nous le contait avec sa passion.
Ses avalanches de parole capturaient nos regards, avec attention
Sa langue qui sans fin débitait, sans point et sans virgule
Ses mots soufflant en bouche, une à une ses phrases se bousculent
Ses souvenirs venant du plus lointain, des temps de privations.
Cet homme si bon qui depuis n'est plus, m'a donné mes raisons d'écrire
"Ecrire sur soi-même" disait-il, c'est informer les autres sans parole
C'est une trace de vie, un beau soleil, des spirales de mots en corolle
Je vois encore, ces lunettes de myope grossissant sa tête, faite pour instruire.
Il parlait un Français impéccable, qui collait si bien à sa pensée.
Si habile de jolies paroles, il m'incita à l'écouter mais aussi à écrire
"Des fautes , ça se corrige, le principal est de noter ce que l'on ne sait dire"
C'est par ces termes qu'il me donna envie de noircir des cahiers.
J'avais douze ans lorsqu'il m'a offert mon tout premier stylo à plume
Commença alors la dérive de mon âme, un petit texte puis une poésie
Je ne confiais à personne cette passion naissante pour les écrits
Mon inspiration venant de ses bavardages, du récit de ses infortunes.
Un jour, bien que je me cachais, il me vit noircir du papier
Curieux en la matière, il voulut regarder et je lui tendis la page
Fronçant les sourcils à la vue de mes phrases emmèlées de rage
"Il faut faire plus simple" dit-il, ton style est bien trop bousculé.
Par la suite et depuis des décénnies, je garde en moi cette première leçon
Au lieu de m'emprisonner dans des tournures par trop compliquées
Souvent je me souviens, de tout ce que Aimable m'avait conseillé
Homme de culture, mémoire vivante, il savait des centaines de citations.
Du dictionnaire, on ne pouvait le tromper, connaissant les pages une par une
Quand je lui demandais le sens d'un mot, il en récitait toute l'étymologie
Mon long devoir de mémoire a croisé sa pensée, par ce texte je lui écris
Aimable, lorsque les soirs, je scrute ton étoile, je la vois, près de la lune.
Mon devoir de mémoire texte 3
Patrick le rimailleur
21JUILLET 2007
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