|

Je vois bien autour de moi, inévitablement, le temps passer.
La manière que j'ai de rapprocher le journal de mes yeux
N'est-ce pas cela que l'on appelle devenir, un peu, plus vieux?
Qu'elle manie, aussi que j'ai, de parler seul et de ressasser.
Mais le temps, invariablement, laisse passer mon temps.
Les fatalités de la vie, chaque jour, se précisent en moi.
Mes chairs, jadis si fermes, commencent à s'éffondrer
La peau de mes mains, qui se fripe, tel un vieux parchemin
Je découvre des choses inconnues, misère, les raideurs!
Ma mémoire se veut moins bonne pour se rappeler hier
Par contre elle passe son temps à fouailler les arrière de ma vie
A soulever des monceaux de souvenirs enfouis
Souvent, je me mets à me rappeler dans des songées d'odeurs
Moments fugaces, où flottent, d'harmonieuses plénitudes.
Atmosphères des rues de petite enfance, sons qui reviennent
L'odeur d'un bouillon de poule, café chaud, bois vert brûlé
Aube de communiant, des visages, personnes, gestes!
S'embrument parfois ces songes, gouttes d'une eau des yeux.
La vie, un vaste et inéxtricable sac de souvenirs.
J'érre parmi son contenu, asphyxié par la poussière de mes ans
Où j'en extrais des morts, du moisi et des pensées noires
Qui ne m'apportent rien sinon l'indicible de la mélancolie.
Mais tout ceci, n'est que le simple accomplissement de la vie
Une lente surprise! qui nous en dévoile un peu chaque jour.
Profitant pleinement de ces années de pléthore et de magnitude
Je ne l'ai pas vu arriver, c'est cela le plus dur à accepter.
Mes nuits parfois deviennent statiques, rebellion de mon sommeil
Alors, sans cesse je vous écris, pour peupler mes nuits
Je n'ai même pas cette obligeance, de vous demander votre avis.
Fataliste d'une vie, qui n'a pas encore donné toutes ses réponses
Laissant en mémoire traces de joie et bonheurs minuscules
Laissant planer aussi l'espoir, de mille feux nouveaux!
Lente sera la surprise, de parcourir une à une ces années
Qui me rapprocheront du lendemain où tout est accompli.
Trace indélébile, ce texte, où les mots sont assagis.
Patrick nuit du 24 au 25 juillet 2007
|