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Regret de la mer
Je ne suis pas marin, quand le regrêt me gagne
Ce ne sont pas les bruits des grands bateaux de fer
Qui me manquent: étrave partageant la vague,
Chaîne dans l’écubier.
Non, c’est le compresseur trop bruyant qui recharge
Les blocs. C’est le tap-tap du vieux diesel rhumatisant
Le boudin du Zodiac qui se plie sous la charge,
La barque et son ballant.
C’est la crique perdue sous la falaise blanche,
Le récif découvrant son platier au jusant,
Les Coraux transperçant les vagues de leurs branches,
La passe et le courant.
Et c’est la mise à l’eau, chaque fois découverte
De ce monde étranger où tout est différent
Quand l’horizon n’est plus, et que l’on flotte, inerte,
Sur le vide mouvant.
Instants où notre corps bipède s’équilibre
Dans une surprenante horizontalité
Puis bascule soudain, tête en bas, vers l’eau libre
Cherchant à s’orienter.
Instants où notre poids étrangement s’efface
Forçant à se hâler main sur main vers le fond,
Où les tympans font mal... Et puis la gêne passe
Et l’on devient poisson.
Pour enfin, (oh Rimbaud !), nager dans le "poème
De la mer", pour de trop courts instants
Sous le panache blanc des bulles que l’on sème
Dans le bleu du tombant !
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