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Il y a longtemps que je sème
De ci, de là, au gré du vent
Graines d’amour, aurores blêmes
Qui se meurent dès le printemps.
Giboulées d’autan, déveine
Songes déchus s’évanouissant.
Il y a longtemps que je traîne
Mon corps en longs haillons gris blancs
Souffles d’amour à perdre haleine
Ô nuages évaporants !
Giboulées de chants, de peines
Secrets enfouis, incandescents.
Il y a longtemps que je n’aime
Que les matins éblouissants
Et pourtant ma vie se parsème
De fleurs d’oubli, de fleurs de sang.
Quand sur le dur chemin s’attardent
De lourds chagrins, si imposants
Se délave, toile blafarde
L’étoffe fripée de mes ans.
Rêves de miel au firmament
Glauques sirops déliquescents
Il y a longtemps que je saigne
Des pleurs d’oubli, des peurs d’enfant.
Mais voilà qu'aujourd’hui…
A la Claire Fontaine
Coulent des flots troublants,
Ton regard bleu, si indulgent
Tes mots si doux, auréolants
Ivre d'émoi, qu'il est grisant
Ce tout nouveau commencement !
Y-a-t’il longtemps que je t’aime ?
Une autre vie, évidemment !
[Merci à Luciolenice pour cette superbe photo que j'ai trouvée sur son blog perso, et qui m'a accrochée, sur le champ ! Sur demande, le cas échéant, elle sera supprimée, à tout moment]

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