|

Tourments emprisonnés
C’est au dedans de soi
Une chose que l’on ne peut exprimer,
Un je ne sais quoi,
Un tourment emprisonné.
Comme s’envole l’oiseau fébrile
D’une aube éternelle,
Cherchant, à tire d’aile, asile,
Mon âme parfois chancelle.
Je sens en moi cette douleur fragile,
Comme ces nuages déchirés
Se pressant au creux d’un mois d’avril
Q’un vent du nord aurai tutoyé.
De ces lunes, inlassables vaisseaux,
Mon âme semble suspendue
Au vertige de tous mes mots,
Errante comme une larme perdue.
Tout finit ici bas
Et j’en sens l’âpre parfum,
Je vois les cendres, triste amas,
Sur les traces du temps, refermer l’écrin.
Je saigne et je ne sais pas
Où est ma blessure,
Mais le temps, au lourd fracas,
En saura bientôt l’usure.
Je mourrai comme ce vent d’automne,
Sous un ciel tristement pâli,
D’un dernier songe où plus rien ne résonne,
Et mes yeux, de la nuit, se seront rempli.
|