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Souvenirs souvenirs
Jeans usés, premiers paquets de cigarettes Finis les papa-maman tirbouchonés sur les chaussettes Les garçons dévisagent les filles de leur verbe insolent Ono, onomatopées pleines d’un désir juvénile Ils n’ont pas encore 15 ans Emotion de testostérone pleine d’une audace fébrile L’hésitation flirte avec les ourlets encore pieux de jupes volatiles aux froufrous bubble-gum Des sourires aux perles lactées inondent des joues rouge carmin D’une timidité batifole C’est beau l’amour adolescent Teenage en basket traînant des cœurs d’artichauts en salade C’est beau les passions enfantines houla houp aux vertiges caramel Les mèches nerveuses enroulées sous des doigts au vernis rose bonbon C’est beau en initiales gravées sur les tables au compas En baisers apnéiques au cinéma du coin En projets d’avenir de famille nucléaire Il s’appellera Jules, elle s’appellera Jeanne Ce s’ra un labrador C’est beau en suçons rosacés camouflés En rêves déçus de contes de fées En révolutions avortées En nique ta mère inavoués En précocitéjaculée C’est beau l’amour adolescent En toi et moi c’est pour la vie En vacances au bord de la mer En scooter, les cheveux dans le vent En bas d’chez oim dans 5 minutes Rendez-vous pris à la va-vite J’m’en souviens comme si c’était hier J’avais 15 ans et toutes mes dents J’pointais mes seins d’ados naissants sous des tee-shirt petit bateau Et les regards impatients des garçons dévisageant les filles de leur verbe insolent J’avais 15 ans J’ai plus 15 ans Jean usés, un vieux paquet de cigarettes Dans ma tête ya toujours des paillettes C’était bien d’avoir 15 ans Jeans usés…
Jeudi 05 Juillet 2007
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Jeudi 05 Juillet 2007
Silence, écoutez!
Entendez-vous ? Les pas pressés des vies pressées des hommes pressés
Les partitions satellites de leurs Palm dernier cri qu’ils pianotent fébril’ment
Le temps c’est de l’argent !
Entendez-vous ?
Les vibrations assonantes qui brisent le silence quand on voudrait dire chut !
Chuttttt !
Entendez-vous ?
Des tambours muets percuter les tympans des nègres d’outre-tombe. Entendez-vous ?
Sécher la terre sous un brouhaha d’opulence nauséeuse
Ou l’ironie du sort faire ses vocalises
Entendez-vous ?
Le lancinant plic ploc qui fuit dans la cuisine d’un duplex grand luxe et qui rythme les pas du petit Souleymane sur le chemin du puits
Plic ploc plic ploc plic ploc . Ecoutez !
Les rafales qui mitraillent des vies qui n’ont rien demandé
Dans conflit il y a con ! Entendez-vous ?
Le iatus clandestin des oiseaux migrateurs ? Ou pousser les cheveux sur les têtes bien pensantes ?
Entendez-vous s’égosiller l’écho de l’égo qui s’écoute ?
Entendez-vous
Dans les campagnes mourir les derniers champs de blé
Ecoutez…L’indifférence silencieuse du métropolitain
Porte de Clignancourt. Terminus. Tous les passagers sont invités à descendre
Entendez-vous la chamade d’un incident de voyageur avant le dernier saut ?
Entendez-vous les langues de bois qui lèchent les blessures ?
L’urine qui coule contre un treillis de GI imberbe qu’on envoie à la mort
Le sel cristallin des larmes retournées dans des plaies encore vives
Entendez-vous passer la femme de ménage qui vide la poubelle depuis bientôt dix ans ? Et si demain elle ne revenait pas ? Ecoutez
Entendez-vous ?
Les voix qui soufflent aux kamikazes des délires sans nom
Entendez-vous
Nos pères se retourner dans les tombes qu’on n’leur a pas creusé. Ecoutez
Les soupirs des absents qui n’ont pas toujours tort
Prêtez l’oreille et vous verrez vous entendrez !
Mamzel' Simone
http://mamzel-simone.over-blog.com/article-6998127.html
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