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Sur les ordinateurs, les chiffres insolents
Se succèdent sans fin dans la ronde infernale
Annonçant, qui le sait, la faillite finale,
Bousculant sans répit les écrans turburlents.
Les nouvelles du jour aux accents insolents
S'en viennent perturber la torpeur matinale
Et la panique court, de façon peu banale,
Sur la grande finance aux étranges relents.
Le monde entier a peur du marché tyrannique
Tandis que, tout à coup, un grand vent de panique
Prend tous les noirs aspects d'un souffle menaçant.
Chacun affronte alors la mauvais surprise
Comme un mal de retour que la terre ressent.
Le monde est enrhumé quand la bourse est en crise.
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Le chant du prisonnier
Entre les hurlements des vils tortionnaires
Et les cris de chiens loups, on entend une voix
Aux accents curieux et même un peu grivois
S'inventant très souvent des mots imaginaires.
L'homme reprend pour lui des refrains millénaires
Tandis que dans le camp, tout à tout, les convois
Franchissent le portail aux sinistres pavois
Où se mêlent aussi les fureurs ordinaires.
Pour combattre, qui sait, la peur de chaque jour
Et les conditions de l'horrible séjour,
Une chanson s'élève au coeur de la folie.
Et dans les profondeurs de l'enfer routinier,
On pourrait presque entendre une douce embellie
Tandis que monte au ciel le chant du prisonnier.
Michel Miaille
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