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Dès que le temps le permet, je vais au jardin, seul, méditer.
C'est un secret agréable que je veux partager,j'aime les fleurs!
J'en ai de très grands parterres, flashant la vue de leurs couleurs.
Chaque mois de chaque année, éphémères ou à perreniser.
En janvier, après le solstice d'hiver, prospère la fougère sous le houx fleuri
Quand virevoltent les flocons de neige de février, un tapis de perce-neige apparaît.
Orgies de clochettes, qui semblent s'évader de la nuit, blanches immaculées.
De-çi, de-là quelques coucous sauvages sortent de la terre souvent durcie.
Mars est le mois des grands chamboulements, annonciateur de Printemps
Jonquilles, tulipes et certaines vivaces surgissent de la terre transie.
Avril, là où l'homme ne se découvre pas d'un fil, pervenches et violettes font tapis
S'étalant, faisant corps avec le sol, inhalant leur parfum bien odorant.
Mai, après les funestes "saints geleurs", surgit l'invasion de végétation
Balsamine, belle de jour, soucis, amarantes, géraniums occupent mes journées.
Quelles que soient l'heure, la brise, les intempéries, au jardin je suis occupé.
Il balise mes vagabondages qui s'infiltrent au plus profond de ma méditation.
Quand aux jours du mois de juin, que le soleil ne veut pas se coucher
Je m'épanouis comme mes nombreux rosiers à qui je consacre mes soirées.
Et je dispose en terre la sauge écarlate, l'oeillet d'inde et l'agératum bleuté.
Mes heures ainsi s'écoulent bichonnant mes fleurs, ceci n'est pas corvée.
Juillet, mi-farniente, mi-chantier, car il ne faut pas oublier d'aroser
Puisse que le soleil fait grand oeuvre, asséchant jardin et plantes sages
Que de pensées, d'images s'entremêlent, durant ces cérémonies d'arosage
Parfois la nuit me surprend, plus précoce, déjà le jour a diminué.
En aout la nature nous donne l'éxemple, prouvant que la vie est bien là.
Alors que beaucoup sont en vacances, le jardin, bien au contraire, ne l'est pas
Fleurs et végétaux sont parvenus au summum de leur pleinitude et de l'éclat
Cascades de lierres, touffes de cosmos et rivières de pétunias si délicats.
Septembre, la meilleure époque pour construire de jolis bouquets
Glaïeuls, St Jean, pomponettes, dans les vases pour les cimetières égayer.
Octobre, quand l'automne s'est installé fleurissent encore les dahlias
Les marguerites jaunes et le millepertuis, le long des murs, douillet matelas.
Malgrè les nuages qui roulent, les bulbes en novembre il faut planter
Le moment est aussi venu de bouturer les lierres et quelques tiges de rosiers
Décembre, fin d'automne, post-scriptum d'un été rarement convaincant
Je déplace et démultiplie les pieds de pivoine qui refleuriront le printemps.
Ne voulant pas gaspiller mes rares soleils, je sais où et quoi planter
Car les fleurs et moi c'est toute une histoire, belle comme une éternité!
Si je prends la décision de transplanter les rosiers buissons j'ai mes raisons
Il ne faut pas tricher avec dame nature, et puis les fleurs c'est ma passion.
Dans la grisaille de mes jours présents
J'essaie de me découvrir autrement
Patrick 24 aôut 2007
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