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L’hiver
J’apprendrai de ta main glacée
Les tourments les plus exquis,
De ces ciels tout mouillés
Aux nuages infiniment meurtris.
J’avancerai doucement,
Le visage écoutant au loin
Les longues clameurs du vent
Exhalant mille parfums.
Au pied du vieux tronc d’arbre,
Las des murmures du temps,
Las d’un printemps qui célèbre
L’hiver frémissant.
J’écouterai sans tristesse,
D’un soir de lune voilée,
Quand les nuages se pressent,
La pluie au chant familier.
Et d’une imprévue bourrasque
Je verrai s’envoler feuilles mortes,
Au clapotis des flaques
Que le vent emporte.
J’aime quand tout s’agite
D’un orage cicatrisant,
La terre désolée qui s’effrite
D’avoir trop aimé le vent.
Sous le vieux pont génois
Courent les reflets dansants,
Tourbillonnent vieux morceaux de bois
Sur les allées du temps.
Mes lèvres au sourire figé
Semblent s’en nourrir,
S’éternisant comme un baiser
Qui ne voudrait mourir.
Je t’écouterai sans tristesse
Quand se lamente le soleil,
Au creux de tes faiblesses
Jusqu'au dernier de mes sommeils.
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