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Sur le pont délabré de mes amours déchues
Je m'arrête soudain, errance incendiaire
Un lézard apeuré y fendille les pierres
Un éclair survolté vient d’éventrer les nues.
Des larmes de rosée, partout sur le feuillage
Et Le souffle coupé par un vent capricieux
Mes pas s'en vont guidés, improbables sillages
Vers l'horizon défait en lambeaux ténébreux.
Des passions, des voyages, sans carte ni trésor
Vers des contrées perdues où s'acharne le sort
Les poings serrés de rage, que n'ai-je pu combattre
Dans les tranchées du temps où j'attendais mon pâtre !
Tant de fois je l’ai vu, croyant le reconnaître
Silhouette fine, ou regard apaisant
J'ai rêvé son image, frissons des jours ardents
Ne pouvant l’approcher, du haut de sa fenêtre.
C'est ce cœur qui me tue, à aimer comme un fou !
A vouloir l'impossible, sans jamais en démordre
Me fait courber l’échine, encaisser tant de coups
Que mon corps éprouvé ne sait plus que se tordre.
Un rayon s’évade d’un gouffre cotonneux
Vif clin d'œil céleste, qui irradie mes yeux
Ô ! L'amour est divin ! Il m'appelle à tue-tête
Me dit qu'il n'est pas vain, qu'il faut que je m'entête !
Sur le pont rénové des mes amours déçues
Je repars à présent, le cœur en bandoulière
Un lézard s'alanguit en tatouant les pierres
Les éclairs survoltés ne griffent plus les nues.

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