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Triomphe de la Vie
Sur une toile de SEBASTIEN
(Sebastien Gabriel SIMONET dit SEBASTIEN 1909-1990)
Longtemps il a porté son ombre sur la place
Les amants de la nuit s’enlaçaient, appuyés
A son tronc compissé par les chiens du quartier,
Prisonniers, comme lui, de leur laisse tenace.
Esclave en la prison de ses grilles de fer,
L’asphalte envahissant, les gravats et l’urine
Sur son lit de gravier mélé de mâchefer
L’ont tué lentement, étouffant ses racines.
Alors on l’a coupé sans remords; quelle veine!
Une place de plus pour garer les autos !
Les grilles sont restées, on n’a pas pris la peine
De remblayer le trou, ou d’oter le chicot.
Mais la vie était là : sous la bêtise humaine
La force de la plante éclate le béton !
Le vent n’a pas voulu que meure cette terre
Que reste désolé cet ilôt infécond.
Un souffle de printemps a apporté l’akène
Ridicule et léger, d’un vague pissenlit
Une fleur a jailli, vulnérable et sereine
Et la vie, lentement, surement, a repris
Et maintenant, voyez, entouré d’autres fleurs
Palmier d’une oasis dans un désert qu’enfume
Le souffle des moteurs,
Plus fort que le béton, plus fort que le bitume
Le pissenlit vainqueur !
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