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Les deux roses
Elle n’aimait que sa beauté
L’autre n’aimait que le jardinier.
C’étaient deux roses d’un même rameau
Belles comme deux flambeaux,
L’une curieuse de sa beauté,
Aux pétales entrelacés,
Ne regardant que le ciel bleu
Lui qui l’aimait si peu.
L’autre, amoureuse du jardinier,
Cœur ouvert et parfumé,
S’élançait sur sa tige
A s’en donner le vertige.
Alors celle qui trop s’aimait,
Qui du jardinier se moquait,
Semblait de plus en plus belle
Jouant des ombres et du soleil .
D’un rouge sang
Comme braise au vent,
L’autre monta si haut
Que le soleil sans un mot
Lui brûla ses pétales
Au préjudice fatal.
Suppliant les nuages
Pour de tardifs ombrages
La pauvre s’est flétrie
En plein soleil de midi,
Elle pleurait, elle pleurait,
De ces sanglots que l’on n’entend jamais
Et le jardinier ne la voyait pas
Attiré par d’autres appâts.
Se recroquevillant infiniment
Sous l’assaut final du temps
Son cœur s’écorcha à ses épines
Et ne fut plus que ruine .
Ne restait plus q’une rose, et quelle rose !
Chaque matin la rosée venait voir ses poses,
Elle, maligne, s’en servait comme miroir
Semblant dire aux insectes, venez voir.
Le vent la coiffait chaque matin
Répandant tous ses parfums,
Des parfums si doux
Que tout le jardin en était jaloux.
Toutes les fleurs ne voyaient qu’elle
Et loin de penser aux choses cruelles
Elle s’enivrait de l’air du temps
Aux plus belles heures du printemps.
Attirée par son immense beauté
Elle vit une main s’approcher,
L’homme la regarda frémissante au vent,
Sentit son parfum un instant,
Puis soudain, comme une douleur,
Dans le clic clac d’un sécateur .
Oh ! rose d’un matin, de brumes en fièvre,
Je viendrai déposer sur vous mes lèvres
Et dans la rosée cristalline,
De ces pâles lunes orphelines,
Je m’endormirai d’un dernier sommeil
Au profond songe de l’aube en éveil.
Ha ! celui là il est pour toi Catherine pour ta gentillesse et le grand cœur que j’entrevois
Pour l’énergie que tu dépenses sur nos commentaires , merci encore . Agrippa
Dédié à Catherine
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