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Si, dans ma tête…
Si je pouvais, où courent les jours,
Garder dans ma tête ces musiques
Et de vos paroles être sourd
Et me rendre l’âme poétique.
Je verrais, quand arrivent les frimas,
Au cortège sombre qui pleure,
Les feuilles danser et tomber en amas,
Et mes yeux ne verraient pas qu’elles meurent.
Comme tout serait plus beau
Si ma tête était clavier !
Mon cœur y jouerait du printemps aux rameaux,
Et l’hiver serait caché.
Et dans les cimetières où se courbent les cyprès,
Je verrais même, au creux de l’hiver,
Quand les tombes sont lasses de voir pleurer,
S’envoler les sentiments les plus amers.
Ah ! Si j’étais un fougueux violon,
Ma chair serait d’ébène,
Je jouerais à perdre raison
Et mon cœur ne serait jamais en peine.
O certitude, te voilà encore
Pour m’amener à la raison.
Toute ces mélodies qui s’évadent de mon corps,
Me laissant la rue et le poison.
Tu cours sans peine, sans pitié,
Ton âme vient elle des pierres,
Pour ainsi me crucifier
Et lever ma colère ?
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