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Os jangadeiros
Ils partaient au petit matin
Poussant leur radeau dans l’eau froide
Et le vent de terre incertain
Passait au travers de la toile
Qu’ils étanchaient plus ou moins bien
A longs jets de “cuiller-à-voile”
Chaque jour que fait Oxalà
Affrontant requins et murènes
Sous le regard de Iemanjà
Leur protectrice, leur sirène
Ils guettaient le retour du froid,
La brise de mer qui ramène.
Pêchant’“agulhas”et anchois
“guarajubas” et coryphènes ,
Et quelques langoustes parfois
Qui entremêlaient leurs antennes
Dans les lourdes nasses de bois.
Qu’ils remontaient à grande peine .
Paysans-esclaves des eaux
Vétus de quelques minces hardes
Ils allaient, trempés jusqu’aux os
A chaque embardée, chaque vague,
A l’ombre de leur grand chapeau
Sous un soleil de hallebardes
Et plus tard abordant enfin
A une cinquantaine lasse
Perclus, infirmes et terriens
Ils ravaudaient filets et nasses
Et il ne leur restait plus rien
Que le “cachimbo”, la “cachaça”
Et la mort au bout du chemin.
cachimbo : la pîpe,
cachaça : alcool de canne
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