|

Larmes du temps
Ce matin tu t’es réveillé
Ouvrant tes yeux sur le jour,
Ton esprit encore embrumé
Cherchant ses contours.
Le saut du lit défait
Puis le miroir sans pitié
Dessinant ton visage, ses traits,
Remontant ces longues années.
Un soupir puis une grimace,
Comme pour voiler l’instant,
Ne plus regarder ce qui s’amasse,
Les clameurs du temps.
Et tu marches, inlassable,
Tourbillon sans empreinte,
Comme nos pas dans le sable
Que la mer prend d’une étreinte.
Tout ce qui t’entoure te fuit
Et pourtant t’acclame,
Rumeurs de ces lointains pays
Où se perdent nos âmes.
Puis l’eau du ciel assombri
Se déverse sur le temps
Comme ces larmes qui ont jailli
De tous nos soleils couchants.
|